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Maître et disciple

 

© Ralph Stehly, Professeur d'histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg

 

Pour cheminer sur la voie mystique, le disciple ou mouride (ar. murîd) a besoin d'un guide à travers les différentes étapes et états de la vie mystique.

Le Prophète a dit dans la Sunna"Ad-dîn nasîha" ("la religion, c'est donner de bons conseils"). C'est une expression que les maîtres spirituels aimaient beaucoup, parce qu'ils voyaient dans l'observation permanente du disciple une condition sine qua non pour la progression sur la Voie.

La tâche de maître spirituel (cheikh at-tarbiya, littéralement "maître de l'éducation") devait d'abord déterminer si le disciple avait les capacités et la ferme volonté de franchir les obstacles qui l'attendent sur la Voie. Quelquefois, on laissait attendre le candidat de longs jours devant la maison du maître pour mettre sa motivation à l'épreuve. Souvent,  au début il était traité très durement.

Il y avait plusieurs sortes d'humiliations: on envoyait le novice mendier sa nourriture (et quand on mendie on est souvent traité avec rudesse par les gens), nettoyer les latrines etc....

Le novice devait passer 3 ans avant d'être admis formellement dans le cercle du maître (voir ici pour le rituel de l'initiation): un an au service des hommes, un an au service de Dieu, et un an pour qu'il puisse observer son propre coeur.

Beaucoup de soufis voyageaient souvent des années durant à travers le monde musulman pour trouver le maître adéquat (voir Sohravardî). Pour que le noviciat soit un succès, il fallait bien évidemment de réelles affinités entre maître et disciple.

Le maître contrôle l'évolution de l'âme de son disciple. Il l'observe en particulier durant la retraite de 40 jours (arba'în), qui est devenue très tôt une institution dans le soufisme (par référence au jeûne de Moïse durant 40 jours dans le désert, Coran 7.138). Le maître interprète les rêves du disciple, lit ses pensées et suit les mouvements de son conscient et de son inconscient

Le maître devait s'adapter au disciple. Il pouvait dispenser un élève de la retraite de quarante jours, s'il estimait qu'il n'était pas psychologiquement armé pour l'affronter et qu'il serait submergé par son inconscient. S'il se concentrait trop sur lui-même au lieu de se concentrer sur Dieu, ou si les passions le submergeaient ou le rendaient irascible, il le renvoyait dans la société ordinaire.

La retraite de quarante jours

Elle se passait dans une cellule sombre. Les cellules des retraitants se trouvaient dans un coin de la mosquée ou même sous la mosquée. Le disciple devait considérer sa cellule comme sa tombe et sa tunique rapiécée comme son linceul.

Certains mystiques comptabilisaient durant leur vie jusqu'à 30 ou 40 retraites de quarante jours.

Voir aussi Ghazâli et la voie mystique

Source: Annemarie Schimmel, Dimensions mystiques de l'islam

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