<----         Accueil de la section "Le califat"   Accueil du site "Islamica"  Accueil du site Orient, Moteur de recherche    ----> 

 

 

Ali (656-661)

 

© Ralph Stehly, Professeur d'histoire des religions, Université Marc Bloch, Strasbourg

 

Ali ('Alî) fut porté au pouvoir par une coalition hétéroclite  qui comprenait tous ceux qui à un titre ou à un autre étaient mécontents du califat précédent. Le règne d'Ali commença dans la confusion et se termina dans la confusion.

Pour certains musulmans, Othman était mort en martyr:

" Quand la nouvelle de l'assassinat d'Othman, qui était mort en martyr, arriva dans les provinces, écrit l'historien sunnite Dhahabî, elle causa une profonde tristesse à tous les musulmans et en particulier à ceux de Syrie. La chemise d'Othman arriva par la poste à Damas. elle fut exposée sur la chaire de la mosquée et Mu'âwiya prononça l'éloge funèbre d'Othman. Un pacte, auquel 60.000 hommes participèrent, fut conclut pour venger la mort du calife " (Chams ad-dîn Dhahabî, mort en 1358, Ta'rîkh al-islâm).

Pour les chiites, l'accession au pouvoir d'Ali était simplement la réparation d'une injustice à l'égard d'un homme à qui le califat revenait de droit, puisqu'il était le gendre et le cousin du Prophète.

La bataille qui se met en place est une double protestation contre un déni de justice. Pour les partisans de l'ancien calife, le meurtre d'Othman est un meurtre, et les assassins doivent être poursuivis. Pour les partisans d'Ali, le califat d'Ali est quelque chose qui lui revient de droit. C'est lui qui était en droit de se plaindre, puisqu'il a été longtemps lésé du califat.

9 décembre 656: bataille du Chameau contre Aïcha et ses partisans.

Juin-juillet 657, sur la rive droite de l'Euphrate rencontre de Siffîn.. Cette rencontre trouve son origine dans le conflit entre Ali et Mu'âwiya. Mu'âwiya exigeait qu'on lui livre les meurtriers d'Othman en vertu de Coran 17.35 qui défend de tuer qui que ce soit, sauf un juste motif et dans le cas où quelqu'un est tué injustement, accorde le droit de vengeance à son plus proche parent Ali répondit que Othman ayant été tué par le peuple indigné de ses actes arbitraires, les assassins ne devaient pas être soumis à la loi du talion. A Siffîn, après des semaines d'escarmouches, Mu'âwiya uta de son sort. Il fit alors hisser des feuillets du Coran sur les lances de ses troupes, invitant ainsi à résoudre la question en consultant le Coran. On eut alors recours à la procédure de l'arbitrage pour résoudre le différend. Les arbitres devaient examiner si ce dont on avait accusé Othman était ou non des actes arbitraires en opposition avec la Loi divine.

Le verdict de Dûmat al Djandal fut que Othman n'avait pas commis de prévarication. Mais il ne fut pas promulgué officiellement. Il donnait raison à Mu'âwiya. Ali protesta; proclamant que la sentence était contraire au Coran et à la Sunna et qu'il ne s'y soumettrait donc pas.

Des réactions face à ce conflit datent les grands clivages de l'islam.

1) Les mu'tazilites se firent l'avocat de la neutralité et de l'abstentionnisme que tant de docteurs sunnites prônèrent par la suite comme la seule attitude possible en cas de guerre civile (fitna).

2) Les kharédjites reprochèrent à Ali d'avoir accepté la procédure de l'arbitrage. C'étaient des partisans extrêmes d'Ali.

3) Les chiites, eux, représentent l'aile modérée des partisans d'Ali. 

>> Suite

Sunnisme et chiisme

Califat Abû Bakr Omar Othman Ali

Vie de Mohammed: Mohammed à La Mecque, ,Mohammed à Médine Les cinq piliers de l'islam  théologie musulmane  Coran Sunna Soufisme Islam contemporain

 Hindouisme  Judaïsme Bouddhisme Christianisme Islam Phénoménologie religieuse

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W Y Z

Copyright Ralph Stehly. Reproduction interdite, sauf dans dans un but non-commercial, et à condition de mentionner la source et l'auteur