Hasan . YAVUZ - Représentant de la mosquée Eyyüp Sultan  de la Meinau - Strasbourg.

 

Je vais parler en langue turque.

Je vous remercie d’avoir organisé aujourd’hui un tel colloque. J’ai assumé mes fonctions en tant que professeur en Turquie dans un atal laïque, et puis j’ai fait ma formation à l’université de théologie dans un pays laïque : la Turquie.

 

Aujourd’hui, il s’agit dans un pays laïque de parler d’un projet de faculté de théologie musulmane. Il s’agit d’un projet d’éducation et d’enseignement théologique dans une ville capitale de l’Europe ; à mon avis, ce débat, si on avance, va attribuer à cette ville une renommée plus importante au niveau de la religion. La base d’enseignement de la théologie islamique c’est la science, et même le premier verset du Coran insiste surtout sur la science en commençant par dire " lisez " ; la science n’a pas de pays, donc elle peut exister partout. Dans l’histoire, il y a des savants, il y des scientifiques, par exemple comme Edison, comme Imam Ghazali, qui ont marqué leur époque.

 

En tant que représentant de la communauté turque qui rassemble à peu près 40 000 personnes dans la région Alsace-Moselle, à travers le France 300 000, nous sommes pour la réalisation d’un tel projet. Si vous me permettez, je voudrais résumer en vous donnant quelques points importants que je trouve utiles. A mon avis, cet enseignement de théologie doit être basé sur la science. De l’autre côté, puisque l’on parle de théologie musulmane, dans l’Islam il y a la bonne foi qui domine, qui existe. Ce matin quand MM. Trocmé et Stehly ont parlé, à travers leurs propos, j’ai trouvé de la bonne foi, du bon sens dans leur discussion. L’existence d’une théologie musulmane, à mon avis, va faire disparaître les préjugés, les mauvaises intentions etc... Par exemple, le mot fondamentalisme, et l’intégrisme aussi. Grâce à la réalisation de ce projet, il y aura l’établissement d’un grand dialogue entre les différentes communautés. Et puis un autre point de vue de ce projet, par exemple, M. Fregosi en a suffisamment parlé, en France il y a 1500 mosquées ou lieux de culte. Nous vivons actuellement un grand problème en France en tant que communauté turque. Il y a une rupture totale entre une deuxième génération qui a vécu, bien sûr en France, qui a un point de vue différent, et les imams qui sont formés en Turquie. C’est très difficile.

Avec la création d’une telle faculté, on va avoir la qualité de l’éducation, la science, le niveau élevé, cela va contribuer à l’union, à une sorte de consensus entre la science et puis le savoir, et cela va préparer une base pour un dialogue international interreligieux. Comme M. Stehly l’a rappelé ce matin, il y aura un dialogue, un échange entre les différents savants musulmans à travers le monde actuel et cela contribuera à beaucoup de choses en France.

Je voudrais terminer mon intervention par une dernière phrase sincère : si en tant que différentes communautés, que ce soit musulmans ou non musulmans, nous faisons face devant le problème, la peste du racisme, de l’intégrisme etc... cela veut dire que la base scientifique est très pauvre ; il faudrait préparer une bonne base scientifique, et à partir de là nous pourrions faire beaucoup de choses.

A mon avis, il faudrait demander l’avis des autorités religieuses, que cela soit une personne physique ou morale, peu importe.

Puisque nous enseignons la théologie musulmane, il faudrait se baser sur le Coran, et s’il s’agit d’une création d’une telle faculté, il faudrait s’adresser aux savants musulmans dans le monde, parce que nous avons besoin de leur propre point de vue. Il faut absolument intégrer ce projet avec le monde moderne, il faut que cela s’accorde bien sûr à nos jours, avec certains principes que j’ai exprimés ce matin.

Il faut avoir une structure objective, indépendante et scientifique. J’espère que ce projet qui a été lancé par M. Trocmé, va avoir un grand écho dans l’avenir, et trouvera les appuis nécessaires, car il contribuera à la paix et au dialogue.

 

En réalisant ce projet, on pourra être exemplaire à travers le monde, le monde du XXe siècle, qui aboutira sur le XXIe siècle. Nous devrons être exemplaires.