Introduction

 

 

En Alsace et en Moselle, il y a environ un million de germanophones (dont 350.000 en Moselle) au sens large du terme, c-à-d qui parlent ou comprennent l'un des dialectes allemands (les principaux sont l'alémanique, du sud de Haguenau jusqu'au Sundgau, sur la frontière suisse, le francique au nord du Bas-Rhin et en Moselle, et le platt en Moselle, cf. cartes linguistiques). La langue standard qui correspond à ces dialectes est l'allemand. Avec un million de locuteurs l'allemand d'Alsace et de Moselle est la langue régionale la plus importante de France.

Elle a néanmoins fortement régressé surtout depuis les années 1970. Jusqu'en 1970, Strasbourg était une ville majoritairement germanophone. Elle est aujourd'hui très majoritairement francophone, comme Mulhouse ou Colmar.

Les régions les plus germanophones sont le nord du Bas-Rhin (l'Outre-Forêt, le Krumme Elsass), et l'extrême sud du Haut-Rhin (le Sundgau, sur la frontière suisse).

La pratique de l'allemand régional varie non seulement selon les lieux, mais surtout selon les générations. 90 % des quinquagénaires sont germanophones, mais seulement 10 % des enfants (sur l'ensemble de la région), seulement 3 % dans les grandes villes.

A chaque génération, le nombre de locuteurs régresse.

La réaction des associations de défense de la langue régionale a été vigoureuse. L'association ABCM Zweisprachigkeit a été pionnière dans la création, sur le mode associatif, de classes bilingues paritaires (13 h d'enseignement en allemand par semaine, 13 h en français)  Le service public a emboîté le pas (cf. le discours de Jack Lang sur les langues régionales), non sans un certain nombre de dysfonctionnements, et malgré la germanophobie de certains enseignants.(cf. conférence de presse de Culture et Bilinguisme du 13 juin 2001).

Sur le plan des media, la situation laisse beaucoup à désirer. Il n'y a qu'une seule émission en alsacien sur FR 3 Alsace (Rund um,7 minutes par jour), dont la qualité linguistique n'est pas à la hauteur de la situation (cf lettre de François Schaffner à la direction de FR3 Alsace), plus deux émissions le samedi après-midi. Sur la radio de service public, les émissions dialectales sont exilées sur les ondes moyennes, ne fonctionnent qu' en semaine de 7h à 17  heures. Certaines radios associatives comme Radio Dreyeckland tentent de prendre le relais sur la bande FM.

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Selon une étude présentée le 20 février 2002 par l'Institut national des études démographiques (INED) devant la délégation à la langue française (DNA du 20 février 2002), on dénombre 548.000 locuteurs adultes de l'alsacien et 78.000 pour les dialectes allemands de Lorran (platt lorrain). 

Les dialectes allemands d'Alsace et de Moselle seraient donc parlés par  626.000 adultes auxquels il faut rajouter environ 10 à 20 % de jeunes, soit environ 700.000 à 750.000 locuteurs.

 

 

Voir aussi:  

Enquête DNA/ISERCO du 21 septembre 2001 sur la pratique de l'alsacien73 % de la population alsacienne (soit 1.390.000 personnes) parle ou comprend l'alsacien contre 85 % en 1990. 15.5 % de la population  transmet l'alsacien aux enfants.

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